L’urgence médicale : priorité à la santé de l’enfant
Les textes encadrant l’autorité parentale prévoient une exception majeure : lorsqu’une intervention médicale immédiate est nécessaire pour sauver la vie de l’enfant ou éviter pour lui un dommage grave, l’urgence prime sur la codécision parentale.
Que dit la loi ?
La loi du 4 mars 2002 (relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé) assimile l’urgence médicale à une situation dans laquelle l’attente du consentement des deux parents mettrait l’enfant en danger immédiat (Code de la santé publique, article L1111-4).
Dans ce cas précis, le médecin peut, voire doit, procéder à l’acte médical nécessaire, même si un seul parent est présent, ou même sans l’accord formel des parents si aucun adulte n’est joignable à temps.
Exemples concrets
- Un enfant chute au parc et présente des signes de traumatisme crânien grave. Un seul parent est sur place : il accompagne son enfant à l’hôpital, où le médecin pratique un scanner en urgence et, si nécessaire, une intervention chirurgicale, sans attendre l’accord du second parent.
- Un enfant souffre d’une crise d’asthme aiguë, risquant une insuffisance respiratoire. Le parent présent autorise la prise en charge médicale rapide et l’administration de médicaments puissants, sans délai.
La pratique des hôpitaux et médecins
Dans la majorité des établissements, les équipes médicales recueillent le consentement du parent présent, tout en tentant, si possible, de joindre l’autre parent pour l’informer. Si ce dernier est injoignable ou refuse sans motif valable, le médecin agit dans l’intérêt supérieur de l’enfant : la santé prime sur les dissensions parentales.
La jurisprudence administrative est constante : on ne peut reprocher à un professionnel de santé d’avoir procédé en urgence, dès lors qu’il n’était pas raisonnablement possible d’attendre l’avis du second parent (voir Conseil d’État, 21 juin 2013, n° 349253).