Les critères examinés par le juge aux affaires familiales
L’âge et les besoins de l’enfant
Le tribunal examine d’abord l’âge de l’enfant car les besoins d’un nourrisson diffèrent de ceux d’un adolescent. Avant 3 ans, le juge privilégiera souvent un DVH progressif et plus court (par exemple, quelques heures puis une nuit occasionnelle), alors qu’à partir de 6-7 ans, des week-ends complets ou des vacances sont envisagés.
- Un bébé de 18 mois n’aura pas le même rythme de séparation qu’un enfant de 10 ans.
- Le calendrier scolaire, les besoins en stabilité ou les activités de l’enfant sont intégrés à l’analyse.
L’attachement de l’enfant et la qualité du lien avec chaque parent
Le tribunal évalue la relation préexistante : un parent très investi dans la vie de l’enfant – sorties scolaires, soins, accompagnement au quotidien – pourra, en général, bénéficier d’un DVH plus large.
- Un parent absent ou peu impliqué pourra se voir accorder un droit de visite plus restreint, le temps de renouer et de rétablir la confiance.
L’avis de l’enfant
À partir de 8-10 ans en moyenne, l’enfant peut être entendu par le juge s’il le souhaite. Son avis est pris en compte, sans être automatiquement déterminant. La maturité compte plus que l’âge précis.
- Exemple : une adolescente de 15 ans exprimant son mal-être à l’idée de passer tous ses week-ends chez un parent sera écoutée, mais le juge devra vérifier que cet avis n’est pas influencé par un conflit de loyauté ou une manipulation.
La capacité des parents à assumer leurs responsabilités
L’aptitude de chaque parent à favoriser le lien avec l’autre est analysée (article 373-2-11 2°, Code civil). Un parent qui met volontairement l’enfant en conflit avec l’autre, ou refuse de communiquer, peut voir son droit de visite limité, voire suspendu temporairement.
- Le comportement global est apprécié : soutien scolaire, respect des horaires, attitude lors des passages de relais, etc.
Les conditions matérielles et l’environnement de vie proposé
Contrairement à une idée répandue, il n’est pas nécessaire de disposer d’une grande maison ou d’une chambre individuelle pour accueillir son enfant. Le juge vérifie surtout que l’environnement garantit la sécurité, le confort minimum et la stabilité affective.
- Exemple : un parent vivant en colocation ou chez sa famille peut tout de même accueillir son enfant, sous réserve que les conditions soient saines et adaptées.
- Cependant, des situations précaires répétées, ou un environnement jugé dangereux (logement insalubre, présence de violences) peuvent limiter ou suspendre le DVH.
L’éloignement géographique et l’organisation des déplacements
Si les parents résident loin l’un de l’autre, le DVH peut être adapté : week-ends étendus pendant les vacances, organisation spéciale pour minimiser les trajets fatigants pour l’enfant.
- Exemple : 250 kms de distance entre deux domiciles conduisent souvent à privilégier les vacances scolaires pour le DVH classique, et moins de week-ends réguliers.
Les antécédents judiciaires ou les facteurs de danger
Le passé judiciaire du parent, notamment pour des faits de violence intra-familiale, d’addiction ou de négligence grave, pèse lourd. Si un danger est avéré pour l’enfant (toujours dans le doute raisonnable), le juge refusera tout DVH, ou l’organisera dans un espace rencontre sécurisé (article 373-2-9 du Code civil).
- Près de 6% des DVH prononcés par les tribunaux en 2021 sont encadrés dans des lieux neutres selon la Fédération nationale des espaces rencontres.